Formation et Diplôme

  • For­mée à l’Ecole Pro­fes­sion­nelle de la Média­tion et de la Négo­cia­tion (EPMN)
  • Diplô­mée (Cer­ti­fi­cat d’aptitude à la pro­fes­sion de média­teur : CAP’M)
  • Affi­liée à la Cham­bre Pro­fes­sion­nelle de la Média­tion et de la Négo­cia­tion (CPMN)
  • Garante du res­pect du Code d’éthique et de déon­to­lo­gie des média­teurs (CODEOME)

engagements

 

 

Manifeste du droit à la médiation préalable pour le règlement amiable des différents

La média­tion est une pra­ti­que uti­li­sée dans l’éducation, les muni­ci­pa­li­tés, le com­merce, les admi­nis­tra­tions, les ban­ques, les assu­ran­ces, les corps sociaux. Elle est pré­vue dans le sys­tème judi­ciaire en matière civile, pénale, admi­nis­tra­tive et envi­sa­gée pour les affai­res cri­mi­nel­les. Dans l’objectif de faci­li­ter une rela­tion, trans­met­tre une infor­ma­tion, apai­ser une souf­france, met­tre un terme à un dif­fé­rend, la média­tion est deve­nue, à la fin du XX siè­cle, une réfé­rence.

Pour tous les rôles qu’implique le plein exer­cice du contrat social, la média­tion est au ser­vice de la citoyen­neté. Pro­fes­sion­nelle depuis 2001, elle néces­site un envi­ron­ne­ment défen­seur des droits humains, de l’égalité et du plein exer­cice des liber­tés. Ins­tru­ment du ren­for­ce­ment du dia­lo­gue social, elle apporte une garan­tie sup­plé­men­taire pour le sou­tien du pro­jet de laï­cité qui assure à notre société son ouver­ture à la diver­sité.

L’objet de ce mani­feste est de faire adop­ter la Média­tion Pro­fes­sion­nelle comme préa­la­ble à l’action judi­ciaire en matière civile, prud’homale et com­mer­ciale, comme un droit fon­da­men­tal. Ce nou­veau droit, issu de l’évolution du déve­lop­pe­ment per­son­nel, per­met l’exercice ren­forcé de la libre déci­sion. Il est asso­cié à un devoir de répon­dre favo­ra­ble­ment à une demande de média­tion avant toute pro­cé­dure judi­ciaire. Cette déter­mi­na­tion est issue de l’observation qu’à la « ges­tion des conflits » qui entre­tient l’adversité, il existe une alter­na­tive. Cette alter­na­tive est la voie réso­lu­toire au moyen de la pro­mo­tion de l’altérité. Elle offre l’intérêt d’un espace de libé­ra­tion de la dyna­mi­que d’affrontement. Lors­que le conflit déstruc­ture la pen­sée, l’intervention d’un Média­teur Pro­fes­sion­nel per­met d’effectuer un tra­vail de struc­tu­ra­tion ou de restruc­tu­ra­tion. Cette forme de média­tion consiste à ren­for­cer l’exercice de la libre déci­sion par delà l’aliénation conflic­tuelle, et donc d’assurer une exten­sion de la liberté rela­tion­nelle et contrac­tuelle.

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Le « droit à la média­tion » consiste notam­ment à garan­tir l’exercice de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de l’égalité des droits et du libre arbi­tre.

Les Média­teurs Pro­fes­sion­nels, réunis sous l’égide de leur Syn­di­cat Pro­fes­sion­nel, la Cham­bre Pro­fes­sion­nelle de la Média­tion et de la Négo­cia­tion, expo­sent ci-après les condi­tions néces­sai­res à la mise en place du droit à la média­tion.

Une science de la rela­tion qui doit être recon­nue comme dis­ci­pline à part entière : la Média­tion Pro­fes­sion­nelle a pour champ d’étude les stra­té­gies et inter­ac­tions en com­mu­ni­ca­tion. Dis­ci­pline dis­pen­sée par l’Ecole Pro­fes­sion­nelle de la Média­tion et de la Négo­cia­tion, elle éta­blit la cor­ré­la­tion entre la qua­lité rela­tion­nelle et la réso­lu­tion des conflits. Elle impli­que un chan­ge­ment de para­digme en inva­li­dant l’idée reçue que les com­por­te­ments d’affrontement seraient l’expression d’un libre choix tan­dis qu’ils sont dus à l’ignorance de savoir com­ment faire autre­ment. Aux métho­des actuel­les de « ges­tion des conflits » pri­vi­lé­giant des appro­ches à domi­nante morale, juri­di­que ou psy­cho­lo­gi­que, la Média­tion Pro­fes­sion­nelle consiste dans la mise en place d’un pro­ces­sus struc­turé et ration­nel de réso­lu­tion des dif­fé­rends. Cette dif­fé­rence fon­da­men­tale doit être recon­nue, parce qu’elle s’inscrit dans le même débat concer­nant l’exercice de la liberté de conscience pour garan­tir la laï­cité.

Une pro­fes­sion éthi­que libre­ment orga­ni­sée : la Média­tion Pro­fes­sion­nelle pro­meut un meilleur exer­cice de l’autonomie et de la res­pon­sa­bi­lité. Elle favo­rise la décou­verte ou la réap­pro­pria­tion des fon­da­men­taux de la confiance, et de l’altérité natu­relle qui fon­dent le ciment social. Elle est pra­ti­quée par les pro­fes­sion­nels de la Cham­bre Pro­fes­sion­nelle de la Média­tion et de la Négo­cia­tion, enga­gés par leur code d’éthique et de déon­to­lo­gie, le CODEOME.

Des garan­ties léga­les néces­sai­res : l’encadrement juri­di­que doit être de même type que celui des pro­fes­sions non liées à l’Etat, par exem­ple comme cel­les du jour­na­lisme. Pour que l’indépendance, l’impartialité et la neu­tra­lité soient pré­ser­vées, les sys­tè­mes d’autorité doi­vent être dis­so­ciés de la média­tion. Cette condi­tion d’exercice est aussi impor­tante que la loi de 1905 ins­ti­tuant la sépa­ra­tion des reli­gions et de l’Etat.

Une acqui­si­tion dès l’école : la média­tion fon­dée sur l’altérité a tout lieu d’être ensei­gnée à l’école, dès les pre­miè­res clas­ses. Elle répond au besoin de mieux com­pren­dre les modes de fonc­tion­ne­ment des orga­ni­sa­tions et des per­son­nes, et de savoir com­ment faire pour évi­ter les impas­ses rela­tion­nel­les. Elle per­met très tôt de chan­ger le mode d’approche d’autrui, de bas­cu­ler de la méfiance, de l’adversité et des rap­ports de force qui s’ensuivent vers les com­por­te­ments de soli­da­rité qui garan­tis­sent la sécu­rité dans notre orga­ni­sa­tion sociale.

Un cor­pus juri­di­que cohé­rent asso­cié à un pro­jet de société : le Code de la média­tion, recueil des tex­tes anno­tés et com­men­tés, ini­tié au sein de la CPMN, doit être repris par le légis­la­teur pour réa­li­ser la mise en cohé­rence indis­pen­sa­ble des dis­po­si­tifs offi­ciels ; pour accé­lé­rer la dif­fu­sion des dis­po­si­tifs, un minis­tère de la média­tion doit por­ter ce pro­jet.

Une pra­ti­que amé­lio­rée du pacte social : pour lut­ter contre l’ignorance, en 1793, la Conven­tion invente le droit à l’instruction qui la rend obli­ga­toire ; en 2013, la Cham­bre Pro­fes­sion­nelle de la Média­tion et de la Négo­cia­tion s’engage pour que, au lieu du prin­cipe de ser­vi­tude qui contraint tout jus­ti­cia­ble, la média­tion pro­fes­sion­nelle offre un droit reconnu, le droit à la média­tion, qui per­mette aux per­son­nes de pré­ser­ver leur libre déci­sion.

karine-noyers-chauvin

knc.mediation@gmail.com